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que le gouvernement proclamera l’oubli du passe 5comme il restera toujours le maître de tenir ou devioler ses promesses si les citoyens n’ont pas la facultéd’en réclamer hautement l’exécution , on craindratoujours qu’il soit poussé à des vengeances par desindividus qui croiront pouvoir en profiter ; d’ailleursil n’est pas dans la nature de l’homme de croire a laloyauté de ceux qu’on a offensés , et que l’on consi-dère comme ses ennemis.
Déjà nos journaux , quoique soumis à une cen-sure préalable , n’ont-ils pas voulu présenter à notreadmiration des hommes dans lesquels les neuf di-xièmes des Français 11e peuvent voir que des ennemisde la France ? Ne nous parlent-ils pas sans cesse dela bonne cause et du bon droit, comme si, dans lesdissentions politiques , la bonne cause n’était pastoujours la cause de la patrie ! Mais si des écrivainsqui soumettent leurs écrits à la censure préalable desagens du gouvernement, ne respectent pas aujour-d’hui l’article 11 de la charte constitutionnelle , quiprescrit à tous les citoyens l’oubli du passé 5 si, parles éloges bien ou mal mérités qu’ils donnent à quel-ques individus , ils-cherchent à flétrir dans l’opinionpublique , non-seulement les hommes qui ont prispart aux affaires politiques pendant le cours de larévolution , mais encore les militaires qui ont crune remplir que leur devoir en repoussant des arméesqui , la vengeance dans le cœur , venaient renverserles lois de leur pays , peut-on attendre qu’ils serontbeaucoup plus retenus quand personne n’aura la