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tièrement avili sous le gouvernement impérial, n’aparu que plus ridicule quand il a voulu reprendreson ancienne importance. L’irréligion a fait desprogrès si étendus, que les hommes de la dernièreclasse prêchent l’impiété avec un cynisme dégoûtant.L’amour des lettres et de la philosophie s’est consi-dérablement affaibli depuis que les gouvernemensont cessé de brûler les livres philosophiques ; enfin,les moeurs se sont tellement corrompues, qu’on n’aplus que deux mobiles pour faire mouvoir les hommes,l’or et la vanité. Si, dans un tel état de choses , lamorale et la liberté ne donnent pas à la France uneexistence nouvelle; si l’on veut nous ramener aurégime du gouvernement impérial , et condamnerau silence les hommes qui se sont préservés de lacorruption , et qui , par leur énergie , peuvent seulstirer la nation de cet état d’abaissement où le despo-tisme l’a plongée , il me semble évident que danspeu de temps le despotisme oriental sera de nouveauétabli en France, si le gouvernement n’est pas ren-versé.
J’aime à m’appuyer ici de l’opinion de Montes-quieu, parce que personne mieux que lui n’a su ob-server la corruption des divers gouvernemens. » Laplupart des peuples de l’Europe, dit-il, sont encoregouvernés par les mœurs. Mais si, par un long abusdu pouvoir, Si, par une grande conquête, le despo-tisme s’établissait à un certain point, il m’y auraitpas de mœurs ni de climat qui tinssent; et dans cettebelle partie du monde la nature humaine souffrirait.