(98 )
au moins pour un temps , les insultes qu’on lui faitclans les trois autres, (i). »
On aurait tort Je penser, au reste , cpiela corrup-tion des mœurs et l’habitude de l'arbitraire qu’on afait contracter à une partie de la nation rendent laliberté de la presse dangereuse ; car des hommes éner-vés par la mollesse et toujours occupés du soin defaire fortune , ne sauraient être fort à craindre ; etcelui qui', avec des talens médiocres, viendrait nousprêcher l’irréligion et l’immoralité, n’ayant plus lemérite du courage, et ne pouvant rien dire de nou-veau, ne trouverait pas le moyen de,?e faire écouter,Il serait aussi méprisé que celui qui nous prêcheraitles croisades ou la persécution des hérétiques. Si laliberté de la presse était tout-à-coup accordée à deshommes habitué? dès long - temps au despotisme ,croit-on que le premier usage qu’ils en feraient seraitde prêcher la révolte ou l’insurrection ? Il seraitabsurde de le penser : pour exciter les citoyens àl’insurrection, il faut un genre de courage qui n’estpas celui des esclaves.
Tous les Français, il est vrai, n’ont pas contractél’habitude de l’esclavage 5 il en est même un très-grand nombre, surtout parmi les jeunes gens, quil’ont pris en horreur ; mais ceux-là , bien loin d'êtreà craindre pour un bon gouvernement, deviendrontau contraire ses plus fermes appuis ; ils seront tou-
(1) Esprit des lois , liv. V 111, chap. y.