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origine qu’à l’ignorance , et qui ne se maintenaientque par l’habitude et par les préjugés qu’on avaitreçus en naissant. Le clergé et la noblesse avaientune force et un éclat qu’ils ne sauraient plus acqué-rir, parce que, s’il est possible d’établir de nouveauxpréjugés , il ne l’est pas de faire revivre des préjugésdétruits. Cette force, il est vrai, pesait beaucoup surla nation; mais comme tout mal doit être considérécomme un bien dès qu’il en arrête un plus grand,et que le pire de tous les maux est le despotisme , ilest clair que tous les corps qui tfn arrêtaient le pro-grès avaient line utilité bien réelle. D’un autre côté ,la religion , qu’on poussait quelquefois jusqu’au fa-natisme , donnait aux âmes une énergie qui , quoi-que mal.dirigée , servait encore de barrière au pou-voir arbitraire; l’amour, ou plutôt la passion desouvrages philosophiques, qui succéda à l’esprit reli-gieux, vint y mettre de nouvelles entraves ; enfin ,l’art de tromper et d’opprimer les peuples n’étaitpas arrivé au point de perfection où l'ont conduit nosministres modernes ; et, à l’exemple du sage Salo-mon , nos bons rois nous opprimaient encore avecprudence.
Mais tout a changé depuis vingt-cinq ans. Lanoblesse, qui avait déjà perdu sa considération , aété abolie. On a voulu lui donner une existencenouvelle ; mais comme les lois ne commandent pasà l’opinion,. le gouvernement, qui croyait lui rendreson ancienne grandeur, n’a pu lui donner que descordons et des parchemins. Le clergé , qui s’est en-