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public? S’il aimait l’état, Userait tenté derclâcher lesressorts du gouvernement ; s’il ne réussissait pas , ilse perdrait; s’il réussissait, il courrait risque de seperdre, lui , le prince et l’empire (i).
« Dans les gouvernemens despotiques, ajoute cetillustre écrivain , tout doit rouler sur deux -ou troisidées , il n’en faut donc pas de nouvelles. Quand vousinstruisez une bête , vous vous' donnez bien de gardede lui faire changer de maître, de leçon et d’allure ;vous frappez son cerveau par deux ou trois mouve-mens, et pas davantage (2). »
On m’objectera, sans doute , que la France n’-a.jamais eu un gouvernement despotique ; et. que cequi peut nous arriver de pire, c’est de retourner aupoint où nous étions avant 1789. Je réponds que ceretour, qui serait déjà un très-grand mal, est impos-sible; qu’il n’est peut-être pas impossible de faire tom-ber un peuple éclairé dans l’abrutissement et dans labarbarie , mais qu’il est aussi difficile de le faire re-venir au point d’où il est parti, qu’il léserait de faireremonter un fleuve vers sa source; enfin, -qu’a prèstoutes les violentes commotions que nous avonséprouvées, il faut que nos chefs 11e soient que de sim-ples magistrats soumis aux lois comme nous, onqu'ils soient aussi absolus que les despotes de P Asie-Sous nos anciens gouvernemens, il existait ungrand nombre d’institutions qui ne devaient leur
( 1 ) Esprit des Iqis, liv. iv, chap. 3.
(2) Ideai) liv. v, chap. 14.