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Le gouvernement de Napoléon, comme onle sait,a produit sur le Français deux effets entièrement op-posés ; il a fait contracter à la classe la plus pauvre etla moins éclairée l’habitude de l’arbitraire et desvexations; il a brisé pour ainsi dire le ressort detoutes les âmes faibles , mais il a inspiré aux hommeséclairés et aux âmes fortes une horreur si violentepour les despotes et pour leurs agens, que l’ombreseule de l’arbitraire les épouvante. Que la liberté dela presse soit supprimée , bientôt nous pourrons voirse renouveler la plupart des actes tyranniques del’ancien gouvernement. Les ministres, sous prétexted’urgence, pourront lever des impôts et vexer les ci-toyens de mille manières. Les hommes faibles etignorans, égarés par les écrivains que le ministèreaura salariés, obéiront en silence, mais les hommeséclairés et courageux, auxquels ou aura enlevé la fa-culté de faire part de leurs lumières à leurs conci-toyens, s’indigneront de ces actes de violence , etverront peut-être dans la révolte le-seul moyen deles faire cesser. Le gouvernement aura donc toujoursà craindre d’être la victime des vexations commisespar ses agens sans sa participation , parce qu’il lesaura toutes sanctionnées d’avance , en enlevant auxcitoyens la faculté de s’en plaindre. On dira sansdoute que j’exagère les vices des agens principaux dugouvernement et l’ignorance d’une partie de la na-tion ; mais la confiance que nous avons dans les mi-nistres actuelsestune raison de plus pour prendredesprécautions contre les ministres à venir; et si la liberté
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