( 9 (i) 2 )
écrits qui lui seraient contraires, parce qu’il ne fautpas discréditer d’avance ce qu’on veut essayer. La.suspension paraît un moyen simple et doux , unemesure passagère : quand la loi est faite , on interditla publication, parce qu’il ne faut pas écrire contreles lois. »
Mais s’il n’existe pas de liberté politique sans laliberté de la presse, il est bien évident qu’il n’existepas non plus de liberté civile. Les citoyens pourrontdonc être plongés dans les cachots par les ministresqui voudront leur enlever leurs filles ou leurs fem-mes, ou qui auront des vengeances particulières àexercer (1), sans qu’il soit possible , à eux, de faireentendre leurs plaintes, cL à leurs amis de les entirer. A qui pourront-ils en effet adresser leurs récla-mations? aux députés. Non; car ceux-ci, dont onaurait détruit toute l’énergie, se trouveront dans lajnême position que tous les autres citoyens. Dénon-cera-t-on les ministres au public par le moyen desjournaux ou des pamphlets? encore moins, car mes-sieurs les censeurs ne permettront jamais qu’on publiedes libelles diffamatoires contre leurs excellences.
Ce que je dis de la liberté individuelle, je pourraisle dire des impôts, des emprunts, des réquisitions,enfin de tous les actes arbitraires qui pèsent tant surles citoyens, mais qui coûtent si peu aux ministres.
(i) Voyez le Tableau historique des prisons d’étaten France , sous le règne de Buonaparte ; par M. Eve ,
dit Démaillot , prisonnier d’état pendant dix ans.