C 9* )
presse, et surtout la faculté de faire des journaux ,.est donc aussi nécessaire à notre existencè poli tiqué,que l’air est nécessaire à la vie. Supprimez cetteliberté, et nous serons dans la même position où setrouvaient les Romains après le renversement de larépublique ; nous serons même dans un état pire 5car, si les Romains avaient quelques papiers publics,ils n’avaient pas, comme nous, des gazettes tou-jours prêtes à les tromper ; et Tacite ne nous dit pas fje crois , qu’après l'incendie de Rome tous les ma-gistrats de l’empire aient fait insérer des adressesdans les journaux pour en complimenter Néron , ouque les journalistes aient tenté de démontrer que ledémembrement de l’empire par les barbares étaitune chose très-glorieuse pour les Romains.
La suppression de la liberté de la presse aura doncinfailliblement pour effet d’isoler les députés du restéde tous les Français ; et il vaudrait peut-être mieuxleur faire tenir leurs séances dans un désert, sousl’empire des baïonnettes , que de les laisser an milieude Paris , en leur enlevant la faculté de correspondreavec leurs commettans.On veut donc paralyser touteleur énergie , et les mettre à la discrétion du gouver-nement , lorsqu’on leur propose de supprimer laliberté de la presse ; on veut encore avoir la facilitéde leur proposer des lois iniques ou vexatoires, sansque les citoyens puissent leur en démontrer l’ini-quité, et les éclairer sur les pièges qui leur seronttendus, ce Avant que la loi soit faite , dit M. Eèn-janiin de Constant, 011 suspend la publication desTom. i er . Cahier 3 , <-*