Druckschrift 
1 (1815)
Entstehung
Seite
90
Einzelbild herunterladen
 

( 9 ° )

Supposons que la presse eût été libre lorsque Buo- 1naparte voulut se faire déférer le consulat à vie , jaGuis persuadé que des écrivains, aussi recomman-dables par leurs vertus que par leurs lumières , seseraient élevés avec tant de force contre cette dange*relise magistrature, que les Français nauraient jamaisosé la déférer à lambitieux qui la demandait. Cequeje dis du consulat, je pourrais le dire de lempire ,de la noblesse héréditaire j et de tant dautres actesqui ont passé sans obstacle, parce quil nétait'permisà personne den faire sentir le vice ou le ridicule. M-aispour nous rapprocher un peu plus des événemensactuels , supposons que la liberté de la presse eûtexisté à lépoque le corps législatif tint sa dernièresession, et que ses séances eussent été publiques , ilest certain que la nation se serait prononcée dunemanière si énergique et si prompte, que lempereureût été forcé de déférer à ses vœux. Au lieu de cela ,quarriva-t-il? Que le corps législatif, qui se battaitdans lombre, ne fut pas soutenu , je ne dis pas parla France toute entière , mais par la ville de Paris.Il fut donc dissous sans opposition ; et si , comme ledemandaient, dit-on , quelques ministres de lempe-reur , les membres de la commission avaient été misen jugementetfusillés, on leur aurait à peine accordéune stérile pitié.

Ce qui est arrivé à Paris serait également arrivé àLondres , à Rome et dans tous les pays du monde :parce que , dans tous les pays , le peuple nagit quelorquon le met en mouvement. La liberté de la