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Supposons que la presse eût été libre lorsque Buo- 1naparte voulut se faire déférer le consulat à vie , jaGuis persuadé que des écrivains, aussi recomman-dables par leurs vertus que par leurs lumières , seseraient élevés avec tant de force contre cette dange*relise magistrature, que les Français n’auraient jamaisosé la déférer à l’ambitieux qui la demandait. Cequeje dis du consulat, je pourrais le dire de l’empire ,de la noblesse héréditaire j et de tant d’autres actesqui ont passé sans obstacle, parce qu’il n’était'permisà personne d’en faire sentir le vice ou le ridicule. M-aispour nous rapprocher un peu plus des événemensactuels , supposons que la liberté de la presse eûtexisté à l’époque où le corps législatif tint sa dernièresession, et que ses séances eussent été publiques , ilest certain que la nation se serait prononcée d’unemanière si énergique et si prompte, que l’empereureût été forcé de déférer à ses vœux. Au lieu de cela ,qu’arriva-t-il? Que le corps législatif, qui se battaitdans l’ombre, ne fut pas soutenu , je ne dis pas parla France toute entière , mais par la ville de Paris.Il fut donc dissous sans opposition ; et si , comme ledemandaient, dit-on , quelques ministres de l’empe-reur , les membres de la commission avaient été misen jugementetfusillés, on leur aurait à peine accordéune stérile pitié.
Ce qui est arrivé à Paris serait également arrivé àLondres , à Rome et dans tous les pays du monde :parce que , dans tous les pays , le peuple n’agit quelorqu’on le met en mouvement. La liberté de la