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1 (1815)
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89
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représentans sous les yeux et sous la sauve-garde dupeuple; il faut que tous les citoyens connaissent pres-que'en même temps ce qui se passe dans le sein desassemblées publiques, et quils entendent les orateursà la tribune, comme les Romains les entendaient auForum ; il faut quils connaissent les représentansqui les trahissent , et ceux qui remplissent leurs de-voirs ; il faut enfin quils sachent si les lois sont libre-ment discutées et adoptées par lassemblée. Or, lesjournaux sont la seule voie par laquelle les citoyenspuissent acquérir promptement et simultanémentcette connaissance.

Il faut doncqueles corps représentans jouissent dela liberté de la presse, dira-t-on ; mais cela ne prouvepas que tous les citoyens doivent en jouir: je répondsque si tous les citoyens nen jouissent pas, rien ne peutgarantir à la nation quelle 11est point trompée; et sielle 11a point cette garantie, elle reste indifférente àtout ce qui se fait dans les assemblées. Dès quunindividu ou un corps a seul le droit décrire, ce quilécrit perd toute sa force , parce que , personne 11epouvant dire le contraire, il ny a aucun moyen desassurer de la vérité. Détruisez les journaux oumettez-les dans les mains du gouvernement, et vousdépouillez les corps représentans de toute leur force ;cest en vain quils ouvriront au public le lieu deleurs séances, ils nauront jamais plus de lacentmillième partie des citoyens pour témoins de leursdébats; et le gouvernement pourra tromper facile-ment tous les autres.