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représentans sous les yeux et sous la sauve-garde dupeuple; il faut que tous les citoyens connaissent pres-que'en même temps ce qui se passe dans le sein desassemblées publiques, et qu’ils entendent les orateursà la tribune, comme les Romains les entendaient auForum ; il faut qu’ils connaissent les représentansqui les trahissent , et ceux qui remplissent leurs de-voirs ; il faut enfin qu’ils sachent si les lois sont libre-ment discutées et adoptées par l’assemblée. Or, lesjournaux sont la seule voie par laquelle les citoyenspuissent acquérir promptement et simultanémentcette connaissance.
Il faut doncqueles corps représentans jouissent dela liberté de la presse, dira-t-on ; mais cela ne prouvepas que tous les citoyens doivent en jouir: je répondsque si tous les citoyens n’en jouissent pas, rien ne peutgarantir à la nation qu’elle 11’est point trompée; et sielle 11’a point cette garantie, elle reste indifférente àtout ce qui se fait dans les assemblées. Dès qu’unindividu ou un corps a seul le droit d’écrire, ce qu’ilécrit perd toute sa force , parce que , personne 11epouvant dire le contraire, il n’y a aucun moyen des’assurer de la vérité. Détruisez les journaux oumettez-les dans les mains du gouvernement, et vousdépouillez les corps représentans de toute leur force ;c’est en vain qu’ils ouvriront au public le lieu deleurs séances, ils n’auront jamais plus de lacentmillième partie des citoyens pour témoins de leursdébats; et le gouvernement pourra tromper facile-ment tous les autres.