Mais l’état de la France a tellement cl)ange, que làliberté de la presse y est aussi essentielle au maintiende la constitution et du gouvernement, qu’elle seraitContraire au maintien du despotisme, s’ilétait établi.
Les peuples anciens n’eurent jamais l’idée d’exer-cer la souveraineté par des représentais. Cette idéene pouvait pas même naître chez eux : car , en sedonnant des représentais, ils se seraient donné desmaîtres qui les auraient vendus , ou qui , s’ils n’a-vaient pas voulu les vendre , n’auraient pu exerceraucune influence utile sur les déterminations prisespar les chefs de leurs gonvernemens. Aussi voyons-nous qu’ils ont passé constamment de l’état populaireà l’état despotique , sans aucun intermédiaire. Lors-que les llomains, par exemple, eurent perdu la fa-culté de s’assembler dans les places publics, ilsfurent aussi esclaves qu’ils pouvaient l’être; et leursénat ni leurs familles patricienifes n’eurent jamaisassez de force pour s’opposer au despotisme des em-pereurs. Si le peuple avait eu des représentais , iln’en aurait pas été plus avancé ; et son malheur futtel , que ses meilleurs empereurs ne purent jamaislui rendre une apparence de liberté.
En France, nous avons également éprouvé qu’unsénat, des représentans et une noblesse étaient desinstitutions impuissantes pour arrêter le pouvoir ar-bitraire. Quelques-uns ont cru , et d’autres ont faitsemblant de croire qu’il fallait attribuer tous nosmalheurs aux vices ou aux faiblesse des membresdes premiers corps de l’Etat. Je ne veux pas dira