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un ouvrage dans lequel les malversations de sesagens étaient dénoncées , on 11e pouvait voir danscette suppression qu’une intention bien prononcéede maintenir les abus dont on se plaignait , et de serendre en quelque sorte complice des exactions oudes vexations commises par ses agens 5 que des livresutiles ayant été interdits , ceux dans lesquels l’irréli-gion et l’immoralité étaient professées , étaient lusavidement par tous les hommes de bien , parce qu’ilssavaient que l’utilité d’un ouvrage était quelquefoisunecause de réprobation. Alorsles mauvais ouvragesétaient d’autant plus dangereux, qu’il n’était pasmême permis de les réfuter publiquement. C’est ainsique la censure devenait une cause très-active de lacorruption des moeurs, et que, si elle maintenaitquelques ministres en place , elle minait les bases dugouvernement.
Cependant, quelque dangereuse que frit la censurepour le gouvernement, elle Létait beaucoup moinsalors qu’elle ne le serait aujourd'hui. Le peuple neparticipant en aucune manière à la formation deslois ou à l’administration des affaires publiques, lesministres avaient peu d’intérêt à l’égarer, et ils secontentaient de l’empêcher de s’instruire. Il suf-fisait donc que le gouvernement réparât les actesd’oppression les plus évidens , et qu’il tînt les au-tres dans l’ombre , pour ne pas mécontenter la na-tion :et il 11’y avait que des actes réitérés de tyranniequi pussent exaspérer le peuple , et lui faire désirer lerenversement de la constitution qui existait aloifc.