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1 (1815)
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pager sans le secours et sans la liberté de la presse ,cest ce qui me paraît impossible. Les gouvernemensde cette nature j quoiquen dise Montesquieu , sonttoujours plus ou moins despotiques : or , le despo-tisme a trop dintérêt à maintenir les hommes danslignorance, et à les diviser entre eux, pour leur per-mettre les recherches et les réunions que le progrèsdes sciences rend nécessaires. Dailleurs le peuple estsi misérable dans les états de cette nature, et la jouis-sance des biens quil peut se procurer par un travailopiniâtre est si précaire, quil na ni le temps ni ledésir de faire des découvertes dont il ne serait pas sûrde profiter.

On peut me faire ici une objection : on dira quela liberté de la presse na jamais existé en France ,et que cependant les lumières y ont fait des progrèsrapides. Loin de prouver la fausseté de ce que ja-vance , cette objection me fournira loccasibri denfaire sentir la vérité. Lorsque limprirnerie eut étédécouverte , le premier usage quon en fit, fut dereproduire les ouvrages de lantiquité; et commeces ouvrages nétaient pas écrits en langue vulgaire ,et que les esprits étaient beaucoup plus portés à fairedes recherches de pure érudition , ou des remar-ques critiques, quà faire lapplication des véritésquon découvrait , le gouvernement ne songea pasà en empêcher la pmblication ; et ce fut assurémentune grande faute que commit le despotisme de nosrois.

Ce qui fut dabord le plus généralement admiré