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l’écriture était donc aussi nécesnire à son développe-ment qu’elle l’était elle-même au développement denos premières facultés. Avec le secours de l’écriture ,les hommes pouvaient acquérir et ont acquis en.effet un grand nombre de connaissances. IVtais cetart qui fixe nos pensées, ne les développe qu’aveclenteur : il suffit sans doute pour le perfectionnementde quelques individus qui peuvent facilement com-muniquer entre eux 5 mais il ne saurait répandre lalumière chez tout un peuple , et à plus forte raisonchez plusieurs nations à la fois. Voyez la Grèce :elle ressemble d’abord à un foyer de lumières 5 quel-ques grands hommes y paraissent comme pouréclairer le monde 5 une multitude de disciples s’em-pressent de recueillir leur doctrine: mais, après leurmort, cette doctrine commence à s’altérer ; il seforme bientôt presque autant de sectes qu’il y a d’é-crivains ; la philosophie , sortant de la Grèce , vajeter quelques lueurs à Rome ; le despotisme desempereurs paraît, et l’Europe se replonge dans lesténèbres.
Que, sans le secours de l’imprimerie , les scienceset les arts aient pris naissance et se soient perfec-tionnés au sein de la Grèce , je le conçois : deshommes libres et- heureux , renfermés dans des li-mites peu étendues, devaient se livrer paisiblement àdes recherches de toute espèce, et se communiquerleurs découvertes avec facilité. Mais que, dans desEtats d’une vaste étendue, soumis au gouvernementd’uq seul, les lumières eussent pu naître et se pro-