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1 (1815)
Entstehung
Seite
82
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juger, de raisonner, et de pénétrer en quelquesorte, par sa constance , les secrets les plus cacliés dela nature.

Mais , sans le secours de la parole , ses facultés lesplus précieuses seraient vaines, ou pour mieux direelles nexisteraient pas. Continuellement frappé desobjets dont il serait environné , les sensations quilaurait éprouvées ne se renouvelleraient quen pré-sence des objets mêmes qui les auraient fait naître.Comme il ne connaîtrait dans kl nature que des in-dividus , et quil naurait aucun signe pour fixer sesidées, il ne pourrait jamais les généraliser; il pour-rait bien porter quelques jugemens , mais il resteraitincapable dapercevoir les rapports qui existeraiententre eux 5 il ne pourrait donc pas raisonner, parcequil naurait point didées générales. Cest donc àlinvention des signes, cest à la parole, que lhommedoit le développement de toutes ses facultés, de toutesses connaissances (1).

Cependant la parole , ce signe fugitif de nos pen-sées, serait toujours restée imparfaite et grossière sielle nayait en elle-même un signe capable de la fixer ;

(1) Sil se trouvait quelque lecteur assez étranger auxlumières de son siècle pour contester cette vérité , quil enfasse lexpérience sur lui-même ; quil tente, par exemple,de faire dans son esprit le calcul ou le raisonnement leplus simple sans le secours daucun signe ; et sil ne peuty parvenir, quil nous explique comment les hommes aij~«aient pu raisonner sans un pareil secours.