dégrader entièrement, en les réduisant avec nous ala condition servile de ne rien eciire sans l’autorisa-tion des agens subalternes de sa police , il n’eut pasle courage de les faire souscrire a cette ignominieusedégradation.
Cependant il faudra bien que la cliambre des dé-putés, et peut-être même celle des pairs , examinentla question, puisque vous la leur proposez. Je vaisdonc l’examiner aussi, et j’espère qu’il me sera fa-cile de démontrer que , sans la liberté de la presse ,les lumières ne peuvent plus que rétrograder enFrance; que , dès l’instant que la censure sera établie,il n’existera plus ni.liberté civile ni liberté politique;que la constitution sera renversée , si les minis-tres veulent se donner la peine de l’attaquer; queles mœurs , bien loin de s’épurer , achèverontde se corrompre, et que, si la guerre civile nenous a pas détruits avant tant de malheurs , noustomberons dans un état pire que celui d’où nousvenons de sortir.
Soumis comme tous les autres animaux à une'multitude de besoins physiques, l’homme ne paraîtdifférer d’eux que par une organisation plus avanta-geuse ; encore cette organisation n’est-elle, pas tou-jours tellement différente qu’on ne puisses’y,tromper,et mettre en question si tel animal ne doit pas êtreclassé parmi les hommes plutôt que parmi les bêtes.Qu’est-ce qui le distingue donc de toutes les antresespèces? C’est la pensée, c’est-à-dire la faculté desentir , de donner son attention , de comparer, de