Druckschrift 
1 (1815)
Entstehung
Seite
50
Einzelbild herunterladen
 

citoyens doivent perdre leurs vertus, acquérir delhonneur, cest-à-dire des préjugés, et contractertous les vices imaginables.

On ne sait donc point ce quon dit quand on demandeun roi: et on ne le sait pas mieux quand on demandeune république. Montesquieu définit en effet le gou-vernement républicain celui le peuple eu corps ,ou seulement une partie du peuple , a la souveraine puis-sance. Mais, dans aucun pays , le peuple na jamais eula souveraine puissance toute entière; toujours il aété obligé den laisser une partie à ses magistrats : or,sil suffit quune partie du peuple partage la souve-raine puissance pour que létat soit une républi-que, il est évident que la France et lAngleterre sontaujourdhui des républiques, puisque, sans le con-cours du peuple, aucune loi ny peut être formée.Pourquoi donc les Français se sont-ils si cruellementdéchirés entre eux pendant la révolution? pour desmots: les uns voulaient quon appelât France unroyaume , les autres voulaient lui donner le nom derépublique ; et cest la différence de deux ou troislettres, qui a été la cause originaire de la mort decinq ou six millions de Français. IL est si vrai quonne sest battu que pour des mots, que si aujourdhuiquelquun voulaitdonner à la France le nom de répu-blique et au roi le titre de consul ou de président ,sans rien changer au fond de nos institutions, iloccasionnerait probablement une guerre civile.

Cependant, écoutez nos graves jurisconsultes, etvous les entendrez raisonner sur ces deux mots de