claire ni plus exacte cpie la précédente; car si le mo-narque gouverne par des lois lixes et établies , îls’en-suit que ces lois sont indépendantes de sa volonté , etque par conséquent ce n’est pas lui qui les fait. Ilexiste donc dans l’état un pouvoir antérieur au sien;et ce pouvoir ne peut pas périr, puisque, s’il périssait,le monarque, ou le roi, ne gouvernerait plus pardes lois fixes et établies. Quelles sont d’ailleurs lesidées attachées au mot gouvernement ? Si ce motsignifie seulement celui qui fait exécuter les lois } il estclair que, dans tous les états possibles, il faut un chefqui gouverne par des lois fixes et établies.
Lé titre de roi n’a point une signification absolue ,car les idées qu’on y attache sont plus ou moins éten-dues, selon que les institutions de chaque pays don-nent à l’homme qui en est revêtu, des droits plus oumoins limités. Sparte avait des rois héréditaires quigouvernaient par des lois établies, et cepeudant ondit que Sparte était une république. La France avaitdes rois héréditaires qui gouvernaient aussi par deslois établies, et cependant la France était une monar-chie. Or, supposons que le pouvoir des rois de Spartese fût graduellement accru, ou que celui des rois deFrance eût graduellement diminué; quel est le mo-ment précis où Sparte serait devenue une monarchie,et où la France aurait été changée en une républi-que? La solution de cette question est sans doute dela plus haute importance ; car, s’il faut en croireMontesquieu , au moment où l’état quittera le titrede république pour prendre celui de monarchie, les