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tation et mêlée d’un peu d’inquiétude ; carie bon mo-narque avait fait entendre qu’il voulait être le pèrecommun de tous ses sujets.
Dans cet état des choses , dans cette situation desesprits, les citoyens de toutes les classes s’empressè-rent d’aller complimenter le roi.
On vit alors sortir comme de dessous terre et s’a-Yancer avec fracas quelques hommes, depuis long-temps inaperçus, et qui se disaient issus d’une an-cienne race de géans. La plupart néanmoins étaientd’une stature très-ordinaire, et l’on remarquait mêmeparmi eux plusieurs nains semblables à ces pygméesdont il est fait mention dans nos vieilles chroniques.Leur troupe ayant été introduite dans la salle dutrône , le plus lettré d’entre eux prend la parole aunom de tous, et débite le discours suivant :
cc Prince , le plus grand, le plus puissant de tousles princes, dont la race illustre est plus ancienneque le soleil, vous voyez devant vous les plus fidèleset les plus loyaux de vos sujets , nous oserons diremême les seuls fidèles. Le reste ne mérite pas votreconfiance, ou, pour parler plus exactement, nemérite pas qu’on en fasse aucun compte.
cc Plusieurs , égarés par une philosophie téméraire,osent parler de liberté, de lois, de bien public. Acjlangage ignoble on reconnaît bien la bassesse de leurorigine. Que prétendent ces hommes audacieux ?Ils veulent que les lois exercent un empire égal surtous les hommes. C’est une chimère! c’est une abo-mination ! Anathème à ces orateurs qui osent vous