Druckschrift 
1 (1815)
Entstehung
Seite
23
Einzelbild herunterladen
 

vera-t il des personnes assez peu sensées pour deman-der labrogation des lois quil a violées; mais létatne serait-il pas perdu , si vous alliez sacrifier la loipour épargner le coupable? Dailleurs, cettaf me-sure ne sauverait pas le ministre du reproche da-voir usurpé lautorité législative ; elle serait doncinsuffisante , et elle le serait dautant plus , que* lordonnance de M. le directeur-général est incom-patible avec larticle 5 de la charte constitution-nelle.

Cet article porte que chacun professe sa religionavec une égale* sûreté, et obtient pour son culte lamême protection. Si donc on vent contraindre lespersonnes qui ne professent pas le culte catholiqueà observer les jours de repos que ce culte a consacrés,il faut, par une juste réciprocité , quon oblige lescatholiques à observer les jours de repos consacréspar tous les autres cultes; il faut, par exemple,que le samedi soit un jour de repos pour tous lesFrançais, puisquil en est un pour les juifs; desorte que si jamais il arrive que chacun des cultesautorisés en France consacre au repos un jour de lasemaine , et que ce jour ne soit pas le même pourtous , il ny aura dautre moyen de faire exécuter laloi que dinterdire à tous les Français toute espècede travail pendant lannée entière.

Si le culte catholique a consacré au repos assezde jours pour quon ne puisse pas . en augmenterle nombre sans exposer le peuple à tomber dans lamisère , il est évident que les personnes dont.leculte a consacré des jours différens se trouverontdans LnnpossibüLté de les observerions; une partiedes Français se verra donc dans lalternative oudabandonner sa religion, ou de sortir de la France,ou de mourir de faim ; et il faut convenir que cestune étrange conséquence de la liberté des cultes quetoutes nos lois ont proclamée. La première dispo-sition que nous trouvons en tête de notre charte