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ractere que tous nos gouvernemens ont toujours pristant de soin d’entretenir , parce qu’elle 11e pouvaitfaire de nous qu’un peuple d’esclaves. Mais gardons-nous tien de confondre ce qu’exige la religion , et ceque demande l’ambition de ses ministres 5 on peutêtre religieux , et ne pas faire de cérémonies dans lesplaces publiques ;^on peut être religieux , et 11e pasexiger que des hommes se soumettent aux préceptesd’une religion qui 11’est pas la leur. La religion sansla morale ne peut servir qu’à masquer les vices oules crimes de ceux qui la professent 5 or , je dis qu’il11’y a point de morale là où l’on affiche publique-ment le mépris des lois.
On reproche à la plupart des prêtres catholiquesd’être essentiellement partisans du despotisme : ilsveulent, dit on , que les princes ne soient comptablesde leur puissance qu’à Dieu , afin de devenir eux-mêmes les maîtres des princes. Ces imputations quiles ont fait bannir de l’Angleterre , sont sans douteexagérées ; mais ou ne pe.ut se dissimuler qu’à l’é-gard de quelques individus, elles ne sont que tropbien fondées. Déjànous avons vu des évêques, man-dataires infidèles des villes qui les avaient députés ,substituer de fausses adresses à celles de leurs com-mettans , et engager , au noin de la religion , leprince qu’ils trompaient à s’emparer de l’autoritésuprême , c’est-à dire à mettre sa volonté à la placedes lois. Ce qu’ils n’ont pas pu obtenir du prince ,ils l’ont obtenu de son ministre ; et là où quelquespersonnes simples et de bonne foi ont cru voir le