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Les hommes qui n’approfondissent rien , nevoient , dans un acte arbitraire , que le mal qui enrésulte immédiatement pour l’individu dont il blesseles droits; mais ceux qui ont l’habitude de réfléchirne peuvent manquer de s’apercevoir que le plusgrand mal qui résulte des actes de cette nature , estmoins d’atteindre quelques individus que de fa-çonner en quelque sorte tous les esprits à l’esclavage,et de perpétuer l’ignorance dans laquelle vivent laplupart des hommes , sur leurs droits et sur leursdevoirs. Sous ce point de vue , les ordonnances deM. le directeur général de la police sont excessive-ment dangereuses , soit par la grande publicitéqu’elles ont eue , soit par le caractère religieux qu’illeur a imprimé. Il faut sans doute que la religionsoit respectée : si jamais elle l’est autant qu’elle doitl’être , peut-être perdrons-nous cette frivolité de ca-tions des ministres. Les uns nous menacent du change-ment de l’ordre administratif et de l’établissement d’uncertain nombre des atrapes qu’ils appellent des intendans ,les autres nous menacent du renversement de l’ordre judi-ciaire : suivant ces derniers , la cour de cassation elle-même , cette cour , que l’opinion publique avait défenduecontre le despotisme de Bonaparte , n’échappera pas àla destruction ; on nous donnera , pour nous consoler ,des bailliages , des sénéchaussées , des présidiaux et toutce qui s’ensuit. Ces bruits absurdes , auxquels un hommede bon sens ne peut pas ajouter foi , trouvent cependantdes personnes qui les croient , et ne contribuent pas peuà erossir le nombre des mécontens.