Druckschrift 
1 (1815)
Entstehung
Seite
20
Einzelbild herunterladen
 

( 20 )

Les hommes qui napprofondissent rien , nevoient , dans un acte arbitraire , que le mal qui enrésulte immédiatement pour lindividu dont il blesseles droits; mais ceux qui ont lhabitude de réfléchirne peuvent manquer de sapercevoir que le plusgrand mal qui résulte des actes de cette nature , estmoins datteindre quelques individus que de fa-çonner en quelque sorte tous les esprits à lesclavage,et de perpétuer lignorance dans laquelle vivent laplupart des hommes , sur leurs droits et sur leursdevoirs. Sous ce point de vue , les ordonnances deM. le directeur général de la police sont excessive-ment dangereuses , soit par la grande publicitéquelles ont eue , soit par le caractère religieux quilleur a imprimé. Il faut sans doute que la religionsoit respectée : si jamais elle lest autant quelle doitlêtre , peut-être perdrons-nous cette frivolité de ca-tions des ministres. Les uns nous menacent du change-ment de lordre administratif et de létablissement duncertain nombre des atrapes quils appellent des intendans ,les autres nous menacent du renversement de lordre judi-ciaire : suivant ces derniers , la cour de cassation elle-même , cette cour , que lopinion publique avait défenduecontre le despotisme de Bonaparte , néchappera pas àla destruction ; on nous donnera , pour nous consoler ,des bailliages , des sénéchaussées , des présidiaux et toutce qui sensuit. Ces bruits absurdes , auxquels un hommede bon sens ne peut pas ajouter foi , trouvent cependantdes personnes qui les croient , et ne contribuent pas peuà erossir le nombre des mécontens.