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3 (1815)
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qu’il a reçues du ciel pour les satisfaire, doi-vent nécessairement entretenir un grandmouvement dans ses idées, faire naître deschangemens continuels dans ses goûts, dansses mœurs , dans ses connaissances ; et l’onpeut dire que, par sa nature, l’homme estentraîné dans d’éternelles révolutions.

L’objet des institutions sociales est de leplacer dans un état où ces révolutions , aux-quelles il est poussé par ses besoins, s’opè-rent sûrement et sans secousses ; dans unétat où ses facultés puissent s’exercer, se dé-velopper, et le conduire, par degrés, à toutle bonheur et à toute la perfection dont ilest capable. Malheureusement celte tâche estloin d’être aisée à remplir ; et les lois desti-nées à régler la conduite de l’homme et àprévenir ces révolutions violentes dans les-quelles l’usage mal réglé de ses facultés pour-rait le jeter , sont elles-mêmes sujettes à decontinuelles et d’inévitables révolutions. Toutce que la sagesse des gouvernemens peutfaire à cet égard, c’est encore de diriger cesrévolutions de manière qu’elles s’opèrentlentement et avec le plus de fruit et le moinsde violence possibles.