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dans leurs états l’argent, nécessaire pour l’ali-menter, ils faisaient la paix , ou plutôt unetrêve qui laissait à leurs sujets le loisir d’amas-ser, par leur travail et leur industrie, denouvelles richesses qu’ils devaient leur arra-cher un jour pour alimenter une nouvelleguerre. La faiblesse des armées ne permettaitpas de faire de grandes invasions , les coupsse portaient sur les frontières ; quelques li-sières de pays étaient à la vérité impitoyable-ment dévastées ; mais les revers et les succèsne faisaient perdre ou gagner que quelquesmilles de terrain.
Aujourd’hui des armées innombrables pé-nètrent dans le cœur des états ; pour sub-sister , elles pillent tout sur leur passage ,laissent derrière elles de vastes déserts cou-verts de cadavres , de débris et île cendres.Les femmes , les vieillards, les enfans dis-persés, n’ont pour réfuge que les antres desforêts ; et, lorsqu’après le passage du torrentdévastateur, ils sortent de leur retraite pourchercher leur habitation , ils ne trouventplus que des ruines fumantes, un air pesti-féré par l’exhalaison des immondices que