sous les rapports commerciaux, n’est plus qu’unecolonie Anglaise, gouvernée par un Lieutenantde l’Angleterre, et de laquelle les produits an-glais vont s’infiltrer en France, sans que le Mi-nistère français puisse l’empêcher, et après tout,peut-être sous peu, elle deviendra une pommede discorde entre les deux pays, malgré la ri-dicule neutralité dont on l’a affublée et quoiquefassent les rêveurs d’une paix sincère et durableentre deux peuples forcément rivaux.
Du moins, dira-t-on peut-être, la paix a-t-elleété maintenue. — La paix? où existe-t-elle donc?Sauf que le sang ne coule pas , ne supportonsnous pas tous les inconvéniens de la guerre? Quedisons-nous ? Le sang n’a-t-il pas coulé à grandsflots en Pologne et dans une partie des provin-ces Russes, grâces aux provocations de la pro-pagande et à l’appui que le Ministère françaisa prêté au principe insurrectionnel.
Par cet appui accordé à tous ceux qui vou-laient, ou qui avaient opéré des bouleversemensdans leurs pays , le Gouvernement de Louis Phi-lippe s’est aliéné la confiance de toute la massedes amis de l’ordre en Europe, il se l’est aliénéepour long-tems, et avec d’autant plus de raison,que, tandis qu’il protestait de ses dispositions pa-cifiques, des vaisseaux s’équipaient sous ses yeuxet partaient à sa parfaite connaissance pour por-ter du secours en hommes, armes et munitions