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pagne très-prolongée. Les troupes étaient ani-mées du sentiment le plus pur, du plus entierdévouement pour le Prince et la patrie.
Un enthousiasme, tel qu’il ne s’en manifestechez les nations qu’aux plus belles époquesde leur histoire, se faisait remarquer parmitoute la population; non seulement tous ceuxque la loi appelait aux armes, s’empressèrentde se rendre sous les drapeaux; mais des milliersvinrent s’offrir volontairement pour défendreune cause, de la justice de laquelle ils étaientprofondément pénétrés : savans, artistes, pro-priétaires , rentiers, artisans s’arrachèrent spon-tanément à leurs occupations paisibles et auxdouceurs de la vie domestique, pour prendreles armes ; des hommes, vivant dans l’opulenceallaient partager avec les troupes les fatigueset les privations, qu’impose la vie des camps,toute la partie de la jeunesse studieuse, en étatde porter les armes, s’empressait de former descorps de volontaires et ils sollicitaient comme unefaveur d’être placés à l’avant-garde, où en effetnous les vîmes. Enfin ceux qui ne pouvaientpas partager les dangers et la gloire de leursconcitoyens se distinguaient par des dons pa-triotiques, dont l’ensemble fournit une valeurtrès-considérable, et se cotisaient pour entre-tenir , pendant leur absence, les familles desgardes et des volontaires peu fortunés.