94
alors encore trop bien des hommes pour sefaire une idée exacte du but que les ligueursavaient en vue, le Monarque s’occupa sans re-lâche des moyens de calmer et de satisfaire.
De grandes concessions avaient déjà été faites,d’autres furent encore résolues et en premièreligne figurèrent la suppression de l’impôt sur lamouture et le rétablissement du droit sur le cale.
Une commission fut nommée pour préparerune nouvelle loi sur l'instruction publique à éta-blir sur des bases, très-larges.
Mais plus le gouvernement s’efforça de conci-lier , plus exigeante devint la ligue et plus vio-lent le ton de ses journaux. Cet état des chosesparut si extraordinaire et si inexplicable que leRoi, désireux d’en approfondir les causes surles lieux, entreprit au printems 1829 une tournéedans les provinces méridionales.
Nous essayerions en vain de décrire les dé-monstrations spontanées de joie et d’attachementavec lesquelles toutes les classes de la popula-tion (à l’exception d’une partie de la noblesseet du clergé) reçurent le Monarque. Nous di-sons spontanées, car rien n’était préparé et cha-cun était laissé à ses propres sentimens, ce (piinous a été affirmé par des amis dignes de foiqui habitent diverses provinces. L’on aurait dit,en voyant la foule se presser autour du Souve-rain que, sentant toute l’indignité des procédés