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La morale publique s’est elle améliorée de-puis ? bien certainement, non : l’esprit de fac-tion l’a au contraire pervertie davantage.
C’est précisément dans l’existence de cet espritde faction qui s’est constamment agité dans leroyaume, depuis sa création, que gissait le plusgrand obstacle à l’établissement du jury : aussisont ce les factieux seuls qui voulaient voir ré-tablir cette institution, tandis que tous les hom-mes de bonne foi se sont constamment pronon-cés contre, de la manière la plus formelle.
Ce fut d’abord le parti ultra-libéral qui récla-ma le rétablissement du jury et à cette époquele parti-prêtre n’en voulait absolument pas ; maisplus tard ce dernier le demanda également, et yinsista avec force, avouant sans détour, que saréclamation était fondée sur ce qu'un ecclési-astique avait été alors condamné à plusieurs moisde prison. Or cette condamnation a été pro-noncée, parce que le prêtre qui en était l’objetavait fait imprimer et distribuer une pièce envers latins, où le Roi Guillaume ne fut guèremieux traité que ne l’était Henri III dans lesécrits et les discours de la ligue.
Il est donc évident que les factieux , tandisqu’ils faisaient à la magistrature l’offense de lacroire capable de devenir un instrument de per-sécution et de vengeance entre les mains dupouvoir (qui, soit dit en passant, n’a jamais paru