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blable institution , et sans avoir à craindre qu’aulieu du bien que l’on s’en promet, elle ne pro-duise beaucoup de mal !
La première de ces conditions est, que leshommes, qui sont dans le cas d’être appelés commejurés, possèdent un dégré d’instruction et de lu-mières proportionné à la mission délicate qu’ilsreçoivent de prononcer sur la vie et l’honneurde leurs concitoyens. Si cette condition n’estpas rigoureusement remplie, le sort des accusésne dépend plus que du liazard, ou du caprice,et autant vaudrait dans ce cas de le décider parun coup de dés.
Outre l’instruction, il faut encore une morale pu-blique la plus rigide, qui soutienne les jurés contreles moyens de séduction dont on pourrait ten-ter l’emploi près d’eux, soit pour, soit contre lesaccusés.
En troisième lieu il faut une absence com-plette de passions politiques, car dans les paysoù elles sont en mouvement, le jury n’est jdusqu’un instrument redoutable entre les mains desfactions, tantôt contre l’ordre public, tantôtcontrû les accusés, s’ils appartiennent à unenuance d’opinions opposée à celle de la factionqui domine. Le danger est encore bien autre-ment grand si les passions se fondent sur desmotifs religieux ou prétendus tels.
Nous n’avons pas à rechercher si les divers