fait changé de nature et n’imposait plus nulleformalité gênante aux contribuables.
Dans les villes populeuses, ou fermées, le droitsur la mouture fut conservé et perçu tel qu’ilavait été décrété; mais là ce furent les boulan-gers et les marchands de farine qui l’acquittèrentà peu près seuls, les autres habitans n’ayantguère l’habitude de faire moudre des grains.
Cependant, malgré la modification importanteque l’impôt avait subie, la ligue continua à dé-clamer contre lui comme par le passé, et ellefit pétitionner pour sa suppression, lorsque sespropres feuilles avaient déjà dû, à l’exemple desautres, annoncer l’intention où était le gouver-nement de l’abolir (1).
Il est des institutions politiques, comme desplantes : telles prospèrent sur un sol, qui ne sau-raient vivre sur un autre, ou du moins ne sau-raient porter fruits.
L’institution du jury, à qui cette observations’applique, est sans doute une conception su-blime , et personne plus que nous n’apprécie lesgaranties que trouvent les accusés dans ce mo-de de juger les faits dont ils sont prévenus.Mais que de conditions un pays n’a-t-il pasà remplir avant d’être apte à jouir d’une sem-
fi) Ce meme droit de mouture contre lequel on a tant déclaméet que le gouvernement a supprimé, se trouve maintenant rétablidans plusieurs de dos villes sous le pouvoir qui nous domine main-
tenant.