en avant que des motifs qui pouvaient cadreravec les intérêts et les préjugés de ceux dont onvoulait extorquer les signatures.
Quant aux citoyens qui pouvaient saisir le sensdes pétitions, on eut grand soin de leur en cacherle but véritable: à entendre les meneurs, il nes’agissait que de forcer le gouvernement à allégerles charges publiques; à supprimer entièrementquelques-unes et à accorder en général au paysune plus grande somme de liberté. Mais beaucoupn’avaient pas même la faculté d’examiner ou dedélibérer; de ce nombre étaient tous ceux quise trouvaient dans une dépendance quelconquedes membres de la ligue; tels que les fermiers,les boutiquiers, les bouchers, boulangers, bras-seurs et artisans. Aux premiers on signifiait que,s’ils ne donnaient pas leurs signatures et cellesde tous les individus attachés à leurs fermes,on les renverrait à la première occasion; lesautres étaient menacés de perdre incontinentles pratiques des unionistes; ceux-ci avaient soinde ne pas oublier leurs débiteurs. On fit si-gner avec les chefs de familles, leurs femmes, leursdomestiques et leurs enfans. Dans les écoles, dontles maîtres étaient gagnés par l’union, on faisaitsigner les élèves pour leurs parens. En un mot,les moyens les plus abjects ne furent pas dédai-gnés pour augmenter les effets de cette espèce dephantasmagorie que la ligue avait résolu de jouer.