68
était le cas des diverses populations, qui habi-tent nos provinces méridionales. Bien qu’ellesrenfei’inasscnt des hommes d’un mérite réel, onpeut dire avec vérité qu’elles n’étaient pas mu-res pour une constitution aussi libérale que lanôtre. Si elles l’eussent été, des factions com-posées de ce que le pays offre’ de moins recom-mandable sous tous les rapports, ne seraient ja-mais parvenues à les dominer et à les entraînerdans un abîme sans qu’elles s’en doutassent.
Les efforts de la ligue, pour diriger les élec-tions à son gré, furent d’autant plus grands,que, l’époque de la discussion du second budgetdécennal approchant, elle voulait avoir une ma-jorité dans la seconde chambre, afin d’amener parle rejet des lois de subsides, une crise dont elleespérait de tirer profit. Toutefois l’événement nerépondit pas entièrement à son attente: plusieurschoix bons et quelques uns moins mauvais queles factions ne les voulaient, eurent lieu. Lesjournaux unionistes en jetèrent de véritables crisde fureur, et lancèrent les plus grossières invec-tives contre les députés nommés en dépit desintrigues de leurs patrons.
Ce qui est digne de remarque et qui carac-térise bien l’esprit de faction , c’est que, tandisque l'union mit en usage des moyens , que touthomme, qui n’a pas abdiqué tout sentiment depudeur, rougirait d’employer, elle fit signaler
»