distinction s’y sont-ils réservés la haute surveil-lance, alin d’empêcher qu'on enseignât dans lesséminaires des doctrines contraires à l’ordre so-cial établi; cela est si vrai que nous pourrionsciter plusieurs ouvrages dont la puissance tem-porelle avait défendu de faire usage dans cesétablissemens, ayant reconnu les principes qu’ilsrenfermaient comme dangereux et attentatoiresau repos et aux droits de la société politique.
Les dispositions que nous venons de citer exis-tent encore dans tous les états de l’Europe, ex-cepté en France (1) et dans notre infortunéeBelgique; mais ces exceptions étant le produit
(i) Les vainqueurs de Juillet, ayant le pouvoir en mains et étantpressés peut-être trop d’eti jouir, se sont hâtés de consacrer dansla charte de i83o, ou pour nous exprimer plus nettement, d'yentasser tous les genres de libertés qui s’etaieut offertes à leur pen-sée. Il se pourrait donc qu'ils y en eussent fait entrer quelques-unes , qu'avec un peu plus de reflexion on n'y aurait pas insérées.Dans celte cathégorie nous rangeons la liberté illimitée de l’en-seignement.
Inalteutifs à ce qui s’e'tait passé en Belgique , les chefs de larévolution de Juillet ne s’imaginaient pas , qu’en décrétant commeun point fondamental la liberté de l’enseignement public, ils don-naient à la congrégation un moyen infaillible de ressaisir en peu deteins son influence dans le pays, à la seule condition d’y envoyerde nouveaux ouvriers convenablement déguisés. Les jésuites doi-vent avoir été bien agréablement surpris en voyant les vainqueursde Juillet leur faire un si beau présent qu’ils n’ont pu obtenir enBelgique qu’au prix du bonheur de plusieurs millions d’individus.Ce cadeau est bien un ample dédommagement pour les petites tri-bulations qu’au nom de la liberté en tout et pour tout,leurs vain-queurs leur ont fait éprouver.