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cruelle hypothèse , il n’y aurait aucune distinc-tion à établir entre l’ami et l’ennemi, le compa-triote et l’étranger, le défenseur et l’agresseur;tous, à l’envi, animés de cet esprit de vanda-lisme qui afflige l’Europe depuis vingt-cinq ans ;réuniraient leurs efforts pour dilapider, sacca-ger et ruiner enfin de fond en comble notremalheureuse patrie. Les faits n’ont - ils pasprouvé irrévocablement que le sol sacré d’unepatrie n’existe pas pour des hommes que laforce a mis au-dessus de toutes les lois ?
Si, comme l’histoire en rapporte de fréquenset terribles exemples, les militaires de tous lestemps et de tous les pays, lorsqu’ils se sonttrouvés assez forts, ont été constamment dispo-sés à faire corps à part et à tourner contre leursconcitoyens les armes qui ne leur avaient étéconfiés que pour les défendre, quel ménage-ment, quelle protection devait-on attendre d’unearmée portant à Buonaparte un attachementexclusif, et qui venait, en lui livrant sa patrie ,de se déclarer à la face du monde entier, dessatellites, aveugles instrumens de ses volontésarbitraires? Cette armée d’ailleurs accoutuméeà une vie errante et vagabonde, depuis long-temps exercée au brigandage et possédée du gé-