( 65 )
hèmi par l’extrême confusion que sa présencedéterminait. Sans attendre aucun ordre , sanschercher à couper les ponts et sans se donner letemps de se reconnaître, une fuite désordonnéese renouvelle , tout le monde part à-la-fois, etchacun se dirige pour son compte, sans savoirce qu’il deviendra.
A une petite distance de Charleroi l’on ren-contre deux routes , dont l’une conduit àAvesnes etl’autreàPhilippeville. N’ayant aucunédonnée sur la direction qu’elle doit prendre etne voyant aucun de ses chefs, l’armée se diviseen deux parties , dont la plus nombreuse suit laroute qu’elle avait tenue en venant, et se portesur Avesnes ; l’autre se dirige vers la gauche etmarche sur Philippeville. Un très-grand nombred’isolés , sans autre dessein que celui d’éviter lespoursuites de la cavalerie, se jettent dans lesgrands bois environnans. Ainsi, l’armée se dis-perse de plus en plus et disparaît presqu’entotalité.
Ce fut cette dernière route que Buonapartechoisit pour sa retraite. Encore une fois déser-teur de son armée , il l’abandonna donc sansfaire aucun effort pour la rallier, au milieu dedangers qu’il semble se plaire à aggraver encore