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2 (1861)
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ŒUVRES HE HENRI HEINE.

quand plie tira tout à coup de son bouquet une fleur, et,sans tourner son regard vers moi, me la tendit par-dessus son épaule. Le parfum de cette fleur était singu-lier, et exerça sur moi une fascination toute particulière.Je me sentis affranchi de toute formalité sociale, commedans un songe où l’on fait et dit toutes choses inaccou-tumées, dont on s’étonne le premier, et où nos parolesprennent un caractère curieusement simple, enfantinet familier. D’un air calme, indiffèrent, négligent,comme on a coutume de faire avec de vieux anus, jeme penchai sur le dossier du fauteuil, et dis à l’oreillede la jeune dame : Mademoiselle Laurence, où est doncvotre mère à la grosse caisse?

— Elle est morte, répondit-elle avec le même toncalme, indifférent, négligent.

Après une courte pause, je me penchai de nouveausur le dossier du fauteuil, et dis à l’oreille de la jeunedame : Mademoiselle Laurence, où donc est le chiensavant?

— Il est parti et court le monde, répondit-elle avec lemême ton calme, indifferent, négligent.

Puis encore après une courte pause, je me penchaisur le dossier du fauteuil, et dis à l’oreille de la jeunedame : Mademoiselle Laurence, où donc est M. Turlu-tutu, le nain?

— Il est avec les géants sur le boulevard du Temple,répondit-elle. A peine avait-elle dit ces mots, et toujoursavec le même ton calme, indifférent, négligent, qu’un

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