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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
contrai. Là, je pus dîner encore une fois comme unecréature raisonnable, et réjouir mon âme devant labonhomie de figures désintéressées. Mais je ne pus ou-blier entièrement mademoiselle Laurence: elle dansalongtemps dans ma mémoire, et, dans mes heures soli-taires, je réfléchis souvent à la pantomime énigmatiquede la belle enfant, surtout à son geste quand elle prêtaitl’oreille comme pour écouter un bruit souterrain. Il sepassa aussi quelque temps avant que les bizarres mélo-dies de triangle et de grosse caisse expirassent dans monsouvenir.
— Et c’est là toute l’histoire? s’écria Maria en se re-levant avec impatience.
Mais Maximilien la supplia de se recoucher, en ajou-tant le geste significatif de l’index sur la bouche, et luidit : — Doucement, doucement. Demeurez tranquille, etje vous raconterai la fin de l’histoire. Je vous demandeseulement, au nom du ciel, de ne pas m’interrompre.
Puis, s’enfonçant encore plus commodément dans sonfauteuil, Maximilien continua son récit de la manièresuivante :
Cinq ans après cet événement, je vins à Paris pour lapremière fois, et à une époque remarquable. Les Fran-çais venaient d’accomplir leur révolution de juillet, etl’univers applaudissait. Ce drame n’était pas aussi ef-frayant que les précédentes tragédies de la républiqueet de l’empire. Il n’était resté sur le champ de bataille"que quelques milliers de cadavres; aussi les révolution-
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