REISEBILDER.
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de feu, ou tout autre homme extraordinairement remar-quable, et dont ils exaltent, avec la jactance la plusexagérée, la force, la grandeur, la hardiesse, l’invulné-rabilité, ru si c’est un nain, la profonde sagesse. Enmême temps ils embouchent la trompette et portent unecasaque bariolée. Au fond de leur cœur, ces cornacsforains se rient autant de la crédulité du peuple émer-veillé que du pauvre hère prôné à outrance auquel unefréquentation de tous les jours a ôté à leurs yeux toutprestige, et dont ils connaissent très-bien toutes les fai-blesses et toute l’insipidité de ses trucs et tours d’adresse.
J’ignore si le bon Dieu souffrira longtemps encore queles prêtres le donnent pour un méchant ogre, et gagnentde l’argent à ce métier; mais je sais au moins que je nem’étonnerais pas de lire un matin, dans le Correspon-dant impartial de Hambourg, que le vieux Dieu d'Israël,Dieu le père, engage un chacun à n’accorder de con-fiance en son nom à aucun homme, fût-ce son proprefils. Mais je suis convaincu que nous verrons le tempsoù les rois ne se mettront plus comme des mannequinsà la disposition de leurs nobles contempteurs; qu’ilsbriseront les liens de l’étiquette, s’échapperont de leursbaraques de marbre, et jetteront en colère, loin d’eux,ces oripeaux qui devaient en imposer au peuple, le man-teau rouge qui effrayait comme celui d’un bourreau, lecerceau de diamants qu’on leur a tendu sur les oreillespour les fermer aux voix du peuple, le bâton de boisdoré qu’on leur a mis en main comme symbole de la