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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
où toute vie riante est éteinte ! Le monopole est funesteaux religions comme aux industries ; elles ne se main-tiennent vigoureuses que par la libre concurrence, etelles ne reprendront leur splendeur primitive que lors-que l’égalité politique des cultes, j’allais dire la libertéd’industrie des dieux, sera décrétée.
Les cœurs les plus nobles en Europe ont depuis long-temps proclamé que c’est le seul moyen de sauver lareligion d’une ruine totale. Néanmoins, ses serviteurssacrifieront l’autel plutôt que de perdre la moindrepartie des choses qui,se sacrifient sur cet autel, de mêmeque la noblesse abandonnerait à une perte certaine letrône et l’auguste personnage assis dessus, plutôt qued’abandonner sincèrement les plus injustes de ses pri-vilèges. Cet intérêt affecté pour le trône et pour l’auteln’est, après tout, qu’une farce jouée devant le peuple !Quiconque a surpris les secrets du métier, sait que lesprêtres respectent beaucoup moins que les laïques leDieu qu’ils pétrissent, à leur profit et à volonté, de painet de paroles, et que les nobles vénèrent le roi beaucoupmoins que ne le pourrait faire un roturier. On sait aussique cette royauté même à laquelle ils témoignent tantde respect en public, cette royauté pour laquelle ils de-mandent tant de respect chez autrui, la plupart d’entreeux la bafouent et la méprisent au fond du cœur. Envérité ils ressemblent à ces gens qui montrent pour del’argent, dans les foires, au public ébahi, quelque her-cule ou géant, ou bien un nain, un sauvage, un avaleur