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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
guêtres, qui inventa la monarchie prussienne, jouaitjoliment de la flûte dans sa jeunesse, prenait beau-coup de tabac, et faisait aussi des vers français. Fran-cesca me demanda qui serait vainqueur des Prussiensou des Allemands? Car, ainsi que je l’ai fait remar-quer, elle regardait les premiers comme un tout autrepeuple; et il est vrai que d’ordinaire, en Italie, onne comprend sous le nom d’Allemands que les Autri-chiens. Signora ne s’émerveilla pas médiocrementquand je lui dis que, moi-même, j’avais longtemps vécudans la capitale délia Prussia, à Berelino , ville qui estsituée tout en haut dans la géographie, non loin du pôleglacial. Elle frissonna quand je lui peignis les dangersauxquels on est exposé quelquefois, quand les ours dela mer Glaciale vous rencontrent dans la rue. — Car ily a, ma chère Francesca, lui dis-je, beaucoup tropd’ours en garnison au Spitzberg, et ils viennent souventpasser un jour à Berlin par patriotisme, pour voir jouerl'Ours et le Pacha; ou bien ils vont chez Beyermann,au café Royai, faire bonne chère et boire du cham-pagne , ce qui leur coûte souvent plus d’argent qu’ilsn’en ont apporté, auquel cas un des ours reste attachélà jusqu’à ce que ses camarades reviennent et paient,d’où est venu le mot: « enchaîner un ours. » Beaucoupd’ours demeurent dans la ville même. On peut mêmedire que la ville doit son origine aux ours, et que c’estpour cela qu’elle s’appelle Berlin; car l’ours s’appelleen allemand barlein. Du reste, les ours de la ville sont