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2 (1861)
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REISEBILÜER.

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assez apprivoisés, et quelques-uns, entre autres, civilisésau point décrire les plus belles tragédies et la musiquela plus sublime. Les loups y sont communs aussi, etcomme ils portent, à cause du froid, des pelisses demouton de Varsovie, il est plus difficile de les recon-naître. Les oies du Nord y voltigent ça et, et chantentdes airs de bravoure, et les rennes, dilettanti de hauteramure, courent tout autour en faisant les connaisseurs.Au surplus les Berlinois vivent avec modération, et sontlaborieux : un grand nombre se plongent jusquau nom-bril dans la neige, et écrivent de la dogmatique, des livresédifiants, des légendes religieuses pour de jeunes de-moiselles , des catéchismes, des sermons pour tous lesjours de lannée, des poésies dEloha, et avec cela ilssont très-moraux, car ils sont enfoncés jusquau nombrildans la neige.

Les Berlinois sont donc chrétiens? sécria Fran-cesca, tout étonnée.

Leur christianisme, bellissima signora, a quelquechose de particidier. Au fond, ils nen ont pas du tout, etpuis, ils sont trop raisonnables pour le pratiquer sérieu-sement. Mais comme ils savent que le christianisme estnécessaire dans un État, pour que les sujets obéissent avecune charmante humilité, et pour quen outre on ne voleet ne tue pas trop, ils cherchent du moins, à grand renfortdéloquence, à convertir leur prochain au christianisme;ils veulent, pour ainsi dire, trouver des remplaçants dansune religion dont ils souhaitent le maintien, et dont