REISEBILÜER.
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assez apprivoisés, et quelques-uns, entre autres, civilisésau point d’écrire les plus belles tragédies et la musiquela plus sublime. Les loups y sont communs aussi, etcomme ils portent, à cause du froid, des pelisses demouton de Varsovie, il est plus difficile de les recon-naître. Les oies du Nord y voltigent ça et là, et chantentdes airs de bravoure, et les rennes, dilettanti de hauteramure, courent tout autour en faisant les connaisseurs.Au surplus les Berlinois vivent avec modération, et sontlaborieux : un grand nombre se plongent jusqu’au nom-bril dans la neige, et écrivent de la dogmatique, des livresédifiants, des légendes religieuses pour de jeunes de-moiselles , des catéchismes, des sermons pour tous lesjours de l’année, des poésies d’Eloha, et avec cela ilssont très-moraux, car ils sont enfoncés jusqu’au nombrildans la neige.
— Les Berlinois sont donc chrétiens? s’écria Fran-cesca, tout étonnée.
— Leur christianisme, bellissima signora, a quelquechose de particidier. Au fond, ils n’en ont pas du tout, etpuis, ils sont trop raisonnables pour le pratiquer sérieu-sement. Mais comme ils savent que le christianisme estnécessaire dans un État, pour que les sujets obéissent avecune charmante humilité, et pour qu’en outre on ne voleet ne tue pas trop, ils cherchent du moins, à grand renfortd’éloquence, à convertir leur prochain au christianisme;ils veulent, pour ainsi dire, trouver des remplaçants dansune religion dont ils souhaitent le maintien, et dont