KEISEBILDEK.
257
du courage dans le combat, et ne redoutassent pas lamort, et je les emploierais uniquement à la guerre. Lesautres, je les réserverais pour les parades et les revues;et, afin qu’il ne vînt pas à l’esprit de ceux-ci qu’ils nerisqueraient rien à tuer quelqu’un pour passer le temps,je leur défendrais, sous peine de mort, de croire à l’im-mortalité de l’âme; je leur donnerais même encore unpeu de beurre avec leur pain de munition, pour leur faireaimer la vie. Tout au contraire, pour les premiers, ceshéros immortels, je leur rendrais la vie très-amère, afinqu’ils apprissent à la mépriser comme il faut, et à con-sidérer la bouche des canons comme l’entrée d’un mondemeilleur.
— Milady, lui dis-je, vous seriez un mauvais souve-rain. Vous savez peu régner, et vous n’entendez absolu-ment rien en politique. Si vous aviez lu mes Annalespolitiques...
— Je comprends tout cela peut-être mieux que vous,cher docteur. De très-bonne heure, j’ai cherché àm’instruire là-dessus. Quand j’étais encore petite, àDublin...
— Et que j’étais couchée sur le dos, dans l’herbe, etque je réfléchissais, ou que je ne réfléchissais pas,comme à Ramsgate...
Un regard, semblable à un léger reproche d’ingrati-tude, tomba des yeux de Milady; mais elle se remit àsourire, et continua elle-même la phrase que je venaisde continuer à sa place : — Quand j’étais encore petite,