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ŒUVRES UE HENRI HEINE.
chez tous les Italiens, ainsi que chez quelques autrespeuples d'Europe, on commande en allemand. Devons-nous en tirer, nous autres Allemands, quelque vanité?Avons-nous tellement commandé dans le monde, quel’idiome allemand en soit devenu la langue du comman-dement? ou bien, nous laissons-nous tellement com-mander, que ce soit la langue allemande que l’obéis-sance servile comprenne le mieux?
Milady ne paraît nullement amie des parades et desrevues; elle nous en éloigna avec une crainte ironique.—Je n’aime pas, dit-elle, le voisinage de pareils hommesavec leurs sabres et leurs fusils, surtout quand ils mar-chent en ligne et en grand nombre, comme dans lesmanœuvres extraordinaires. Si dans ces quelques millehommes, il y en avait un qui devînt subitement fou, etm’étendît morte sur la place avec l’arme qu’il tient touteprête à la main ! Ou bien, si quelque autre, devenanttout d’un coup raisonnable, se disait : — « Qu’as-tu àrisquer, à perdre, quand bien même on t’ôterait la vie?Cet autre monde qu’on nous promet après la mort, peutne pas être aussi brillant qu’on le dit, on peut s’y trouveraussi mal que possible, mais on ne pourra t’y donnermoins que tu ne reçois ici-bas, moins de six kreutzerspar jour... Allons, passe-toi cette fantaisie, et tue-moicette petite Anglaise au nez impertinent ! » Ne suis-jedonc pas là dans le plus grand danger? Si j’étais roi, jepartagerais mes soldats en deux classes. Les uns, je lesferais croire à l’immortalité de l’âme, pour qu’ils eussent