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2 (1861)
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sommeil, qui peut encore parfois être dun grand prixpour un malheureux, surtout quand il vient dêtre unpeu trop persécuté par de pressantes invitations pour leciel.

La belle personne dit ces paroles avec un accentpiquant et amer, et ce ne fut pas sans quelque sérieuxque je lui répondis : Chère Mathilde, dans mes ac-tions sur cette terre, je minquiète fort peu de lexistencedu ciel et de lenfer; je suis trop grand et trop orgueil-leux pour que lambition des récompenses célestes oula crainte des peines infernales puisse me diriger. Jetends vers le bien, parce quil est beau et mattire dunefaçon irrésistible, et je déteste le mal, parce quil estlaid et me répugne. Étant encore écolier, quand je lusPlutarque (et je le lis encore aujourdhui tous les soirsdans mon lit, et il me vient souvent des envies desauter à bas et de prendre la poste pour devenir ungrand homme), je fus dès lors charmé par le trait decette femme qui courut par les rues dAlexandrie avecune outre pleine deau dans une main, et une torcheallumée dans lautre, criant aux hommes quelle voulaitavec cette eau éteindre lenfer, et avec cette torcheincendier le ciel, afin que désormais on ne sabstînt plusdu ma) par la seule crainte du châtiment, et quon nepratiquât plus le bien en vue des récompenses. Toutesnos actions doivent jaillir de la source dun amour dés-intéressé, quil existe ou non continuation dexistenceaprès la mort.

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U.