REISEBILDER.
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sommeil, qui peut encore parfois être d’un grand prixpour un malheureux, surtout quand il vient d’être unpeu trop persécuté par de pressantes invitations pour leciel.
La belle personne dit ces paroles avec un accentpiquant et amer, et ce ne fut pas sans quelque sérieuxque je lui répondis : — Chère Mathilde, dans mes ac-tions sur cette terre, je m’inquiète fort peu de l’existencedu ciel et de l’enfer; je suis trop grand et trop orgueil-leux pour que l’ambition des récompenses célestes oula crainte des peines infernales puisse me diriger. Jetends vers le bien, parce qu’il est beau et m’attire d’unefaçon irrésistible, et je déteste le mal, parce qu’il estlaid et me répugne. Étant encore écolier, quand je lusPlutarque (et je le lis encore aujourd’hui tous les soirsdans mon lit, et il me vient souvent des envies desauter à bas et de prendre la poste pour devenir ungrand homme), je fus dès lors charmé par le trait decette femme qui courut par les rues d’Alexandrie avecune outre pleine d’eau dans une main, et une torcheallumée dans l’autre, criant aux hommes qu’elle voulaitavec cette eau éteindre l’enfer, et avec cette torcheincendier le ciel, afin que désormais on ne s’abstînt plusdu ma) par la seule crainte du châtiment, et qu’on nepratiquât plus le bien en vue des récompenses. Toutesnos actions doivent jaillir de la source d’un amour dés-intéressé, qu’il existe ou non continuation d’existenceaprès la mort.
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U.