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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
— Alors, vous ne croyez donc pas à l’immortalité?
— Oh! vous êtes subtile, milady! Moi, en douter?moi dont le cœur pousse chaque jour des racines plusprofondes dans les milliers de siècles du passé et del’avenir; moi qui suis un des hommes les plus éternels,dont chaque souffle est une vie éternelle, chaque penséeune étoile éternelle..., je ne croirais pas à l’immortalité!
— Je pense, docteur, qu’il faut une bonne dose devanité et de présomption pour, après avoir joui sur cetteterre de tant de bonnes et belles choses, demander en-core au bon Dieu l’immortalité par-dessus le marché!L’homme, cet aristocrate parmi les animaux, qui se croitmeilleur que toutes les autres créatures, voudrait bienarracher aussi au roi du monde ce privilège d’éter-nité , par des chants, des louanges, des génuflexions etdes prières courtisanesques... Oh! je sais bien ce quesignifie votre mouvement de lèvres, monsieur l’im-mortel 1