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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
« Et la mort est notre médecin. » Hélas ! je n’en veuxpas médire, et troubler les autres dans leur confiance;car, puisque c’est l’unique médecin, je ne vois pas demal à leur laisser croire que c’est le meilleur, et queson seul remède, son éternel somnifère, est aussi lemeilleur de tous. Au moins peut-on dire en faveur de cemédecin qu’il est toujours là, à votre disposition, etque, malgré sa nombreuse clientèle, il ne se fait jamaisattendre longtemps quand on le demande. Souventmôme il suit le malade à la procession, et lui porte soncierge. C’était certainement la Mort en personne que jevis aux côtés d’un prêtre pâle et soucieux; elle lui tenaitde ses mains sèches et tremblantes le cierge qui pétil-lait, lui faisait de son pauvre chef dépouillé des signesde bonne amitié, et tout encourageants; et quelque peusolide qu’elle fût elle-même sur ses jambes, elle soute-nait encore de temps à autre le pauvre prêtre, qui pâ-lissait davantage à chaque pas, et semblait vouloir s’éva-nouir. La mort avait l’air de lui souffler du cœur, et delui dire : — Attends encore quelques petites heures, nousrentrerons; alors j’éteindrai le cierge, et je te mettrai aulit, et tes jambes froides et fatiguées pourront se repo-ser. et tu dormiras d’un sommeil si profond, que tun’entendras pas la cloche plaintive de Saint-Michel.
Je ne veux pas non plus écrire contre cet homme, medis-je, en voyant le pauvre prêtre pâlissant, que la Mortincarnée, son cierge à la main, allait mettre au lit.
Hélas ! on ne devrait, au fond, écrire contre personne
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