Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
Seite
232
Einzelbild herunterladen
 

232

ŒUVRES DE HENRI HEINE.

« Et la mort est notre médecin. » Hélas ! je nen veuxpas médire, et troubler les autres dans leur confiance;car, puisque cest lunique médecin, je ne vois pas demal à leur laisser croire que cest le meilleur, et queson seul remède, son éternel somnifère, est aussi lemeilleur de tous. Au moins peut-on dire en faveur de cemédecin quil est toujours, à votre disposition, etque, malgré sa nombreuse clientèle, il ne se fait jamaisattendre longtemps quand on le demande. Souventmôme il suit le malade à la procession, et lui porte soncierge. Cétait certainement la Mort en personne que jevis aux côtés dun prêtre pâle et soucieux; elle lui tenaitde ses mains sèches et tremblantes le cierge qui pétil-lait, lui faisait de son pauvre chef dépouillé des signesde bonne amitié, et tout encourageants; et quelque peusolide quelle fût elle-même sur ses jambes, elle soute-nait encore de temps à autre le pauvre prêtre, qui pâ-lissait davantage à chaque pas, et semblait vouloir séva-nouir. La mort avait lair de lui souffler du cœur, et delui dire : Attends encore quelques petites heures, nousrentrerons; alors jéteindrai le cierge, et je te mettrai aulit, et tes jambes froides et fatiguées pourront se repo-ser. et tu dormiras dun sommeil si profond, que tunentendras pas la cloche plaintive de Saint-Michel.

Je ne veux pas non plus écrire contre cet homme, medis-je, en voyant le pauvre prêtre pâlissant, que la Mortincarnée, son cierge à la main, allait mettre au lit.

Hélas ! on ne devrait, au fond, écrire contre personne

$

0

ni#

Il **

mu

js ilfeu

km