Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
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Il élait déjà nuit quand jarrivai à Lucques.

Combien cette ville me parut différente de ce que jelavais vue la semaine précédente, quand je parcourusen plein jour les rues désertes et sonores, et que je mecrus transporté dans une de ces cités maudites dont manourrice mavait jadis fait tant de récits. La ville entièreétait alors muette comme un tombeau, tout paraissaitblafard et décédé : la lumière du soléil étincelait sur lestoits, ainsi que les paillettes dor de la couronne funé-raire sur la tête dun cadavre. Çà et pensaient à lafenêtre de quelque vieille maison des touffes de lierre,semblables à des larmes desséchées et verdies : partoutune décomposition chatoyante, et leffrayante stagna-tion de la mort. La ville navait plus lair que dunspectre de ville, spectre de pierre qui revenait en pleinjour. Pendant longtemps, je cherchai en vain tracedêtre vivant. Je me souviens seulement que devant unvieux palais était couché un mendiant endormi, lebras étendu, la main ouverte. Je me souviens aussi queje vis à la fenêtre dune bicoque délabrée et noire, un