REI SEBILDE R,
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Je lui figurai ensuite les Néo-Athéniens se pressant àMunich pour s’abreuver à la source de la boisson spiri-tuelle de M. Schelling, comme si ce fût la meMleurebière, le robinet de vie, le breuvage d’immortalité.
La jaunisse de l’envie courut sur toute la peau dupetit philosophe, quand il apprit que ses collègues seglorifiaient d’une pareille affluence, et il me dit avechumeur : — Qui des deux vous paraît le plus grand? —Je ne puis le décider, répondis-je, pas plus que je nepourrais décider si la Schechner est plus grande artisteque la Sonntag, et je pense...
— Pense !... s’écria le lézard avec le ton tranchant ethautain du mépris le plus complet ; penser ! et qui penseparmi vous autres? Mon sage monsieur, il y a déjà troismille ans que je fais des recherches sur les fonctionsintellectuelles des animaux ; j’ai surtout pris pour objetde mon étude les hommes, les singes et les serpents ;j’ai consacré à ces étranges créatures autant d’applica-tion que Lyonnet à ses chenilles du saule; et je puisvous donner comme résultat net et certain de mes ob-servations, de mes expériences et de mes comparaisonsanatomiques, qu’aucun homme ne pense, qu’il prendde temps à autre aux hommes une lubie quelconque;qu’ils appellent pensées de pareilles illuminations invo-lontaires, et penser, l’acte de les ranger à la file. Maisvous pouvez le redire en mon nom, aucun de vos philo-sophes ne pense, pas plus Hegel que M. Schelling; etquant à leur philosophie, ce n’est qu’air et eau, comme