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2 (1861)
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REÏSEBILD E II.

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donner le nombre des pieds. Mais cétait aux odes quildonnait le plus dattention.

Dans cette partie-, disait-il, il y a beaucoup plusà apprendre que dans les sonettes et gazeles, vu quedans les odes, les pieds sont imprimés à part en tête,de sorte quon peut compter commodément chaquepièce. Tous les poètes devraient bien, comme Ramierle jeune dans ses poésies de vers les plus difficiles, im-primer les pieds en tète, et dire aux gens : Voyez, jesuis un honnête homme; je ne veux pas vous tromper.Ces raies tortues ou droites que je mets au-dessus dechaque poésie, sont comme qui dirait un conto finto dechaque morceau, et vous pouvez voir au juste, en comp-tant, combien de peines il ma coûtées. Elles sont commequi dirait létiquette de launage attachée à chacune despièces.Vous pouvez mesurer après moi, et sil y manqueune seule syllabe, vous devez mappeler un voleur, aussivrai que je suis un honnête homme. Mais cest juste-ment par cet air honnête que le public est encore trompé.Cest quand on voit les pieds écrits au-dessus de la pièce,quon se dit : Je ne veux pas être un homme mé-fiant. A quoi bon compter après lauteur? Cest sansdoute un honnête homme... Et puis lon ne comptepas, et lon est attrapé. Dailleurs, peut-on toujourscompter? Aujourdhui nous sommes en Italie, et,,jai le temps décrire avec de la craie les pieds sur leplancher, et de collationner chaque ode; mais à Ham-bourg, jai mou établissement, le temps me manque,