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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
cœur; je sais que vous êtes tout le contraire de moi.Quand vous avez faim, j’ai soif, et quand vous avez soif,j’ai faim. v ous êtes tiop corpulent, et je sms tropmaigre; vous avez beaucoup d'imagination, et j’ai d’au-tant plus d’esprit des affaires; je suis un practicus, etvous êtes un diarrheticus; bref, vous êtes tout monantipodex.
— Ah, Julia ! soupira Gumpelino, que ne puis-je êtrele gant de peau qui couvre ta main et qui baise tajoue !... — Monsieur le docteur, avez-vous jamais vu laCrelinger dans Romeo et Juliette?
— Sans doute, et j’en ai encore l’âme toute ravie.
— Oh, alors ! s’écria le marquis tout inspiré, et le feului sortait des yeux et lui éclairait le nez, alors vous mecomprenez ! alors vous savez ce que je veux dire quandje vous dis: J’aime!... Je veux me découvrir tout entierà vous... — Hyacinthe, laisse-nous.
— Je n’ai pas besoin de m’en aller, dit celui-ci avechumeur. Vous n’avez que faire de vous gêner devantmoi : je connais l’amour, et je sais déjà...
— Tu ne sais pas, répliqua Gumpelino.
— Pour preuve, monsieur le marquis, que je sais, jen’ai qu’à dire le nom de Julia Maxfield. Tranquillisez-vous, vous êtes aimé; mais cela ne peut vous servirarien : le beau-frère de votre bien-aimée ne la perd pasdes yeux, et la surveille nuit et jour comme un diamant.
— Oh, malheureux que je suis ! dit en gémissantGumpelino. J’aime et je suis aimé, nous nous pressons